Le thème de ce travail est de montrer la différence entre le langage écrit et le langage parlé, ce dans la langue française et plus particulièrement chez l’écrivain Queneau. Il va nous importer de démontrer que non, l’oral n’est pas à l’origine le descendant de l’écrit mais inversement. Si l’on en suit le développement, l’évolution de la langue écrite, il est clair que nos ancêtres n’ont pas pris leurs plumes ou leurs pierres et ont retranscrit ce qu’ils entendaient mot pour mot. Les premières ébauches ressemblaient bien plus à des pictogrammes qu’à des phrases élégamment alignées et au sens compréhensible. C’est pourquoi, il est très intéressant de voir le combat de Queneau pour démontrer que l’oral est aussi voire plus important que l’écrit dans la langue française. Quand on évoque Raymond Queneau, on pense bien souvent à Zazie dans le métro ou encore aux fleurs bleues. Cet illustre écrivain, poète, romancier avait plusieurs cordes à son arc et pouvait s’enorgueillir de faire partie des écrivains surréalistes de son temps. La plupart de ses œuvres sont des réflexions continues sur le langage et la littérature de ce siècle. Pour en venir aux faits, il est bon de redéfinir le français moderne pour pouvoir mieux cerner les idées de Queneau et comprendre sa conception d’une nouvelle langue. En dernière partie, nous verrons que cela n’est pas aussi simple d’inventer une nouvelle langue et de vouloir la substituer à celle déjà établie.
Table des matières
I. Introduction
II. Le français contemporain
1. Définition générale
2. La langue écrite vs la langue parlée
3. L’oral
III. Vers une nouvelle conception du français
1. Le néo-français
2. Le quenien
IV. Les problèmes que cela suscite
1. L’orthographe
2. Le vocabulaire
3. La morphologie
V. Conclusion
Objectifs et thématiques de l'ouvrage
Ce travail examine la dichotomie entre la langue écrite et la langue parlée, en se concentrant spécifiquement sur les efforts de Raymond Queneau pour théoriser et mettre en pratique le "néo-français". L'objectif est d'analyser comment l'auteur tente de redéfinir la langue moderne en intégrant la vitalité de l'oralité dans la structure littéraire, tout en évaluant les limites et les défis rencontrés par cette tentative audacieuse.
- La distinction linguistique entre écrit et oral selon la perspective de De Saussure.
- Le concept de "néo-français" chez Raymond Queneau et sa volonté de renouveler la langue.
- L'analyse des difficultés orthographiques, syntaxiques et morphologiques posées par ce projet.
- La réception et les limites de cette tentative de transformation de la langue française.
- Une réflexion sur la permanence des normes prescriptives face à l'oralité vivante.
Extrait du livre
3. La morphologie
Nous avons donc mis en relief le fait que Queneau ne se trouve pas ou peu d’appartenance à la grammaire française. Il en dénonce les irrégularités dans ces œuvres et va jusqu’à s’en moquer délibérément. L’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir ou être est tourné en dérision comme dans cet extrait des fleurs bleues:
- Alors je me suis permise…
- Permis.
- Permis? Pourtant…l’accord du participe?
- Vous y croyez encore?! (Les fleurs bleues, p.38)
Sur le même modèle, l’utilisation du passé-simple devient un vrai parcours du combattant:
- J’énonça devant vous.
- J’énonçai, dit l’obscur
- J’énonçais, dit Trouscaillon
- J’énonçais sans esse. (Zazie dans le métro, Paris, 1972. p.163)
Cela pour montrer que Queneau par ses moqueries ne donne pas une bonne image de la grammaire française avec son zèle à vouloir imposer son néo-français. Il en vient à déformer la langue alors que son idée première était de transcrire le français parlé en français écrit. Pour ce qui est du passé-simple, il est assez rare d’entendre les gens parler en utilisant ce temps et en se demandant si l’accord est juste ou pas. Ils n’inventent pas non plus un nouvel ordre de phrase comme le veut Queneau.
Résumé des chapitres
I. Introduction: Ce chapitre pose la problématique de la différence entre langage écrit et parlé tout en introduisant le combat littéraire de Raymond Queneau.
II. Le français contemporain: Cette section établit les bases théoriques en distinguant la langue, la parole et l'écrit, tout en soulignant la prédominance du français normatif.
III. Vers une nouvelle conception du français: L'auteur explore ici la création du néo-français par Queneau et le concept de "quenien" comme réponse à une langue figée.
IV. Les problèmes que cela suscite: Ce chapitre analyse les difficultés concrètes du projet de Queneau, notamment sur les plans de l'orthographe, du vocabulaire et de la morphologie.
V. Conclusion: Ce chapitre final dresse le bilan de l'impossibilité de remplacer durablement le français contemporain par une langue purement orale.
Mots-clés
Raymond Queneau, néo-français, oralité, langue écrite, langue parlée, linguistique, grammaire, orthographe phonétique, Zazie dans le métro, Les fleurs bleues, morphologie, norme prescriptive, littérature, syntaxe, néologismes.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cet ouvrage ?
L'ouvrage traite de la relation complexe entre la langue parlée et la langue écrite, en analysant la tentative de Raymond Queneau de créer un "néo-français" qui privilégie l'oralité.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes incluent la distinction entre code oral et code écrit, les critiques de Queneau envers les normes académiques et les défis structurels posés par la tentative de littérarisation de la langue parlée.
Quel est l'objectif poursuivi par l'auteur ?
L'objectif est de démontrer comment Queneau cherche à redonner vie au français en s'éloignant des règles prescriptives et en intégrant des éléments de langage vivant dans ses œuvres.
Quelle approche méthodologique est utilisée ?
L'auteur adopte une approche analytique et comparative, en s'appuyant sur les théories linguistiques (notamment De Saussure) et en examinant des extraits d'œuvres clés de Queneau.
Que traite le corps principal du texte ?
Le corps du texte analyse successivement la définition du français contemporain, la genèse du néo-français et les obstacles techniques liés à l'orthographe et à la grammaire.
Quels mots-clés définissent le mieux cette étude ?
Les mots-clés incluent néo-français, oralité, Raymond Queneau, norme, linguistique et langue parlée.
Comment Queneau perçoit-il l'évolution de la grammaire française ?
Queneau estime que la grammaire française est devenue une langue morte, figée depuis le XVIIe siècle, et qu'elle doit être dynamisée par l'usage vivant de la langue parlée.
Quel est l'avis de l'auteur sur la réussite du "néo-français" ?
L'auteur conclut que le projet de Queneau, bien qu'original, ne peut pas réellement remplacer le français moderne, car toute langue écrite finit par nécessiter des normes pour rester intelligible.
Pourquoi le passé-simple est-il abordé dans l'analyse ?
Le passé-simple est utilisé comme exemple pour montrer comment Queneau se moque des irrégularités de la grammaire française et déforme volontairement les structures classiques dans ses écrits.
- Arbeit zitieren
- Manuella Buratto (Autor:in), 2007, L'oralité littérarisée chez Raymond Queneau, München, GRIN Verlag, https://www.hausarbeiten.de/document/126753