(...) variété nationale à part . Ceux-ci se sont donnés comme tâche d`élaborer les spécificités du FQ, ralliées dans le Franqus (Dictionnaire du français québécois standard), spécificités auxquelles il faut, selon les aménagistes, donner de la place dans une norme linguistique québécoise officielle et légitime. Malgré que cette norme existe depuis 2008 en vertu de la parution du dictionnaire cité plus haut, les discussions autour de la norme québécoise ne s`arrêtent pas, alimentées par des propos comme « La langue standard [au Québec] est un véritable mythe » (Meney 2008), « La définition de la norme linguistique québécoise est encore inachevée » (Villers 2008) ou « Non à la langue standard québécoise` » (Paquot 2008).
Ce qui frappe dans cette discussion, c`est l`intransigeance des deux côtés et le manque de véritable dialogue.
Le but de ce travail est en premier lieu de donner une image globale de la « norme du français québécois », ce qui comporte aussi la question (provocatrice) si une telle norme existe. Au cœur du travail se trouve la présentation de ces deux positions opposantes, l`illumination de leur pour et leur contre et leur structuration- tant que possible : Les arguments sont pointus des deux côtés, et la rhétorique ne laisse rien à désirer. Ce serait ainsi audacieux de vouloir trouver une solution au problème. L`objectif sera donc d`élaborer une image cohérente de ce qui est en discussion, respectivement de mettre à disposition une récapitulation du débat qui peut servir comme aperçu (point 3).
Avant de traiter ces questions, il est cependant nécessaire de jeter un regard sur l`aloi de l`objet de la discussion : le français québécois. Quelle est cette « langue », quels sont ses caractéristiques ? Pourquoi donne-t-elle tants de motifs pour en discuter de long en large ? (Point 1).
En outre il est important d`éclairer ce qui a mené à cette discussion : quelle est l`histoire de cette « norme », existante ou pas, où et quand cela a commencé ? (Point 2).
Finalement, il semble intéressant de se consacrer à la question de ce que souhaite le peuple, en définitive le noyau de cette langue québécoise, puisque c`est le peuple qui la module.
Cependant, c`est un débat de spécialistes (linguistes et pédagogues), et il n`est pas difficile à imaginer que celui-ci paraît «sibyllin » au mortel commun.
Mais, après tout, tous les efforts des linguistes doivent servir à la communauté linguistique. On verra au point 4, dans quelle mesure cela est le cas.
Table des matières
Avant-propos
1. Qu`est-ce que le « français-québécois » ?
1.a La terminologie
1.B Les caractéristiques du FQ : phonétique, morphosyntaxe, lexique
1.b.1 La prononciation
1.b.2 Le lexique
1.b.3 Morphosyntaxe
1.c L`état intérieur du français québécois
2. Le chemin de la norme du français québécois. Un aperçu historique
3. Le débat : Aménagistes contre Conservateurs
3.1 Argument I : « il existe une norme » (A) contre « il n`existe pas de norme » (C)
3.2 Argument II : « Le FQ se distingue du FF » (A / C) contre « Le FQ ne se distingue pas du FF » (A / C)
3.3 Argument III : « Une norme québécoise diminue l`insécurité linguiste » (A) contre « Une norme québécoise augmente l`insécurité linguistique » (C)
3.4 Argument IV : « Les autres variétés romanes ont aussi codifié leur langue » (A) contre « Le FQ n`est pas pourvu des préalables pour former une langue à part » (C)
3.5 Argument V : « la norme québécoise est nécessaire pour le bien du peuple » (A) contre « la norme québécoise est un produit idéologique et narcissique » (C)
4. Que veut le peuple ?
Remarques
Objectifs et thématiques
Ce travail explore la controverse entourant la définition et la légitimité d'une norme linguistique québécoise, en opposant les perspectives des « aménagistes » et des « conservateurs ». La recherche vise à déterminer si une telle norme existe réellement, comment elle est perçue par la population et dans quelle mesure elle reflète les besoins linguistiques des Québécois face au français international.
- Analyse des caractéristiques linguistiques du français québécois (phonétique, lexique, morphosyntaxe).
- Éclairage historique du développement de la norme linguistique au Québec depuis la Conquête.
- Étude comparative des arguments des deux camps opposés sur la codification de la langue.
- Examen de la réception populaire et de l'insécurité linguistique dans la population québécoise.
- Réflexion sur les implications politiques et identitaires de la normalisation linguistique.
Auszug aus dem Buch
3) Le débat : aménagistes contre conservateurs
Le débat qui se déroule au Québec autour de la norme linguistique frappe par sa « violence verbale hors du commun »88. Les Aménagistes accusent les Conservateurs de « malhonnêteté », « démagogie » et de « mauvaise foi »89, ces derniers en revanche appellent leurs opposants des rêveurs (« [Martel et Laganière] confondent probablement leurs rêves et la réalité »)90 et des particularistes qui eux-mêmes ne maîtrisent même pas la langue dont ils parlent (« Trop souvent, ceux qui maîtrisent le moins la langue imposent leur manière de parler à l`ensemble de notre société »)91. Le ton insultant est donc à l`ordre du jour ce qui montre que cette discussion suscite beaucoup d`émotions.
Dans les points suivants vont être présentés et interprétés les arguments clé du débat.
Résumé des chapitres
Avant-propos: Présente le conflit entre les camps conservateurs et aménagistes concernant le statut du français québécois.
1. Qu`est-ce que le « français-québécois » ?: Définit la terminologie et analyse les spécificités linguistiques du français québécois par rapport au français de France.
2. Le chemin de la norme du français québécois. Un aperçu historique: Retrace l'évolution historique de la langue au Québec depuis 1760 jusqu'aux tentatives récentes de codification.
3. Le débat : Aménagistes contre Conservateurs: Structure et détaille les cinq arguments centraux qui opposent les deux camps linguistiques.
4. Que veut le peuple ?: Examine la réception des normes linguistiques par la population et le rôle du prestige social.
Remarques: Synthétise les enjeux finaux, soulignant l'absence de consensus et le rôle de la langue dans l'identité nationale.
Mots-clés
français québécois, norme linguistique, aménagistes, conservateurs, codification, insécurité linguistique, identité, pluricentrisme, lexicographie, québécismes, français standard, politique linguistique, éducation, sociolinguistique, prestige.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cette étude ?
L'ouvrage traite de la controverse linguistique au Québec concernant l'existence et la légitimité d'une norme propre au français québécois, opposant deux camps idéologiques.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la définition du français québécois, le débat sur sa normalisation, les aspects historiques, la réception populaire et l'insécurité linguistique des locuteurs.
Quel est l'objectif de cette recherche ?
Le but est d'offrir une vue d'ensemble cohérente du débat et de clarifier la question provocatrice de l'existence d'une norme linguistique québécoise officielle.
Quelle méthodologie scientifique est employée ?
L'auteur utilise une analyse documentaire basée sur la presse québécoise, des ouvrages linguistiques et des études de cas pour confronter les arguments des conservateurs et des aménagistes.
Quels sont les points saillants du développement ?
Le développement examine les caractéristiques linguistiques du français québécois, son évolution historique et détaille cinq arguments contradictoires structurant la querelle linguistique.
Quels mots-clés caractérisent ce travail ?
Les termes essentiels sont français québécois, norme linguistique, aménagistes, conservateurs, insécurité linguistique et identité.
Quelle est la thèse des conservateurs ?
Les conservateurs rejettent l'idée d'une norme québécoise propre, craignant une ghettoïsation et prônant un alignement sur la norme du français de France jugée prestigieuse.
Que prônent les aménagistes ?
Les aménagistes soutiennent la codification du français québécois en tant que variété nationale à part entière, afin de refléter la réalité langagière locale et de renforcer la sécurité linguistique.
Quel rôle joue le dictionnaire dans ce débat ?
La parution de dictionnaires québécois déclenche systématiquement des tensions, car ils sont perçus soit comme des outils nécessaires à la légitimation, soit comme des vecteurs idéologiques de séparatisme.
Comment le peuple réagit-il à ces normes ?
Les résultats sont contradictoires, mais la population montre globalement un penchant conservateur, favorisant les dictionnaires de référence traditionnels tout en ressentant une tension entre prestige ouvert et prestige latent.
- Quote paper
- Doris Schwarz (Author), 2011, Existe-t-il une norme linguistique québécoise?, Munich, GRIN Verlag, https://www.hausarbeiten.de/document/206882