A Dassa-Zoumè, au cœur du Bénin, la transhumance est bien plus qu’un simple déplacement de troupeaux. C’est un système vivant, qui noue des liens profonds entre les communautés, leurs animaux et leur territoire. Cette recherche s’intéresse aux tensions qui émergent entre les savoirs ancestraux et les politiques publiques, dans un contexte marqué par le changement climatique, la raréfaction des pâturages et des conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. A partir d’observations sur le terrain et de rencontres avec des pasteurs, des cultivateurs, des chefs locaux et des agents de l’Etat, cette recherche met en lumière les multiples dimensions de la pratique : économiques, certes, mais aussi thérapeutiques, spirituelles et politiques. Si cette tradition séculaire renforce la résilience et l’identité culturelle des communautés, elle se heurte à des politiques souvent éloignées des réalités du terrain.
L’analyse appelle à une approche plus inclusive et interculturelle, capable de valoriser les connaissances locales tout en répondant aux défis sanitaires et environnementaux. La transhumance apparaît ainsi comme un fait social à part entière, qui invite à repenser la gouvernance des mobilités pastorales et à imaginer des politiques mieux informées, respectueuses des héritages et adaptées aux enjeux d’aujourd’hui.
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- Towimin Ange Armel Akpassoumala (Author), 2025, Dynamiques de la transhumance à Dassa-Zoumè (Bénin). Approche socio-anthropologique des mobilités pastorales, connaissances endogènes et politiques publiques, Munich, GRIN Verlag, https://www.hausarbeiten.de/document/1682746